🪦 Découvrez les richesse du cimetière de la Guillotière
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Découvrez le cimetière de la Guillotière en autonomie !

Visiter Le Cimetiere De La Guillotière

À Lyon, on connaît le cimetière de Loyasse à Fourvière qu’on appelle très pompeusement « le Père Lachaise Lyonnais ». En revanche, on connaît assez peu le cimetière de la Guillotière. Pourtant, il regorge de curiosités, de tombes magnifiques, de monuments impressionnants et même de célébrités !

Quand on a commencé à travailler sur notre visite contée du cimetière de la Guillotière, on voulait avant tout raconter une histoire plus vaste : la manière dont on mourrait, dont on organisait les funérailles, ce qui préoccupait les gens à d’autres époques. On voulait savoir à quoi ressemblaient les cimetières autrefois, ce qu’on y faisait (ou n’y faisait pas). Avec toute cette histoire passionnante, forcément, on n’avait pas la place de tout dire sur le cimetière de la Guillotière.

On s’est donc retrouvées avec des tas de choses intéressantes qu’on n’allait pas pouvoir montrer pendant notre visite. Et on n’allait quand même pas garder ça pour nous. C’est pourquoi on vous propose cet article avec quelques histoires insolites. On vous propose aussi une grande carte avec plein de points géolocalisés pour que vous puissiez découvrir les richesses du cimetière en autonomie

🪦 Aux origines du cimetière de la Guillotière

Bien avant sa construction, sous l’ancien régime, les cimetières étaient à l’intérieur des villes et complètement saturés. Il y avait un seul grand cimetière hors les murs : le cimetière de la Madeleine. Il se trouvait à peu près au niveau de la rue Garibaldi, à l’angle avec la rue du repos. En 1804, quand l’État impose que les cimetières soient désormais à l’extérieur des villes, c’est dans ce quartier que l’on pense ouvrir le premier grand cimetière général. On trouve finalement un meilleur terrain à Montchat, sur ce qui est aujourd’hui le parc Bazin. Finalement, on abandonne les projets sur la rive gauche du Rhône et le cimetière de Loyasse ouvre en 1807.

Comme il se remplit très vite et qu’il y a de plus en plus de monde sur la rive gauche, on finit quand même par ouvrir le cimetière de la Guillotière ancien en 1822. Dans les années 1850, la commune indépendante de la Guillotière est annexée à la ville de Lyon. Le préfet Vaïsse ordonne alors l’agrandissement cimetière et le « cimetière nouveau » ouvre à son tour, en 1858.

🏥 La porte du carré des hospices et la butte de l’Hôtel-Dieu

En 1866, le cimetière de la Madeleine ferme définitivement ses portes. Portes qui sont rapatriées au cimetière de la Guillotière en même temps que les dernières dépouilles. On peut encore les admirer le long du « Carré des hospices » dans la partie ouest du cimetière. Ce carré est un grand espace recouvert de petites croix blanches. Elles font mémoire des religieuses des hospices civils de Lyon qui ont été inhumées ici depuis l’ouverture du cimetière.

Non loin de là, la butte de l’Hôtel-Dieu abrite les dépouilles de personnes autrefois inhumées dans le grand hôpital lyonnais. Lors des travaux de restauration de l’Hôtel-Dieu menés entre 2010 et 2019, des fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs milliers de sépultures retraçant des siècles d’histoire funéraire et hospitalière. Ces restes exhumés ont ensuite été transférés sous cette butte fleurie du cimetière de la Guillotière.

📍Localiser la porte du cimetière de la Madeleine sur le plan
📍Localiser la butte de l’Hôtel-Dieu sur le plan

Guide Du Cimetière De La Guillotière 1
L’équipe Cybèle descend la butte de l’Hôtel-Dieu. Au loin, le carré des hospices

🌱 Le carré naturel : quand la nature reprend ses droits

Au-delà de son patrimoine ancien, le cimetière de la Guillotière s’inscrit pleinement dans son époque. Le premier carré naturel de la ville de Lyon a ouvert en avril 2026. Un espace de sépultures totalement végétalisé où la biodiversité est reine. Exit les caveaux en béton et les pierres tombales en granit venu de Chine ou d’Inde. Mais surtout exit les soins de conservation des corps, tous ces produits chimiques injectés avant que les corps ne soient enterrés. Cet aménagement privilégie des inhumations plus écologiques et respectueuses de l’environnement, offrant au site une vraie respiration verte. Labellisé Refuge LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), le cimetière devient ainsi un havre pour la faune et la flore locales.

📍Localiser le carré naturel sur le plan

Guide Du Cimetière De La Guillotière 2
Le carré naturel au printemps

👩‍🍳 La Mère Fillioux : une star du cimetière oubliée

Vous connaissez peut-être la Mère Brazier, mais avez-vous déjà entendu parler de la Mère Fillioux ? Françoise Fayolle, de son vrai nom, était l’une des grandes figures de la gastronomie lyonnaise au début du XXe. Surnommée « l’impératrice des Mères lyonnaises », elle était notamment réputée pour sa poularde demi-deuil, une volaille farcie aux truffes. Elle a transmis sa recette à son apprentie la Mère Brazier qui elle-même l’a transmise à son apprenti Paul Bocuse. La Mère Fillioux a régalé les Lyonnais pendant une trentaine d’années dans son restaurant de la rue Duquesne.

Et pourtant, sa sépulture au cimetière de la Guillotière était tombée dans l’oubli : aucun article, aucun blog, aucun livre ne la mentionnait ! En arpentant les allées du cimetière pour préparer notre visite, nous avons redécouvert cette tombe par hasard. Nous rendons donc hommage à cette grande restauratrice qui a donné des lettres de noblesse à la gastronomie lyonnaise !

📍Localiser la tombe de la Mère Fillioux sur le plan

Guide Du Cimetière De La Guillotière 3
La tombe de la Mère Fillioux

🔫 La bande à Bonnot dans la maison du gardien

C’est sans doute l’anecdote la plus rocambolesque et méconnue du cimetière ! En 1908, Jules Bonnot – qui n’est pas encore le célèbre bandit anarchiste – vient s’installer directement chez les gardiens du cimetière de la Guillotière, les époux Thollon. Judith Thollon devient rapidement sa maîtresse. Bonnot travaille le jour chez Berliet et gère un atelier de mécanique route de Vienne. La nuit, il orchestre des attaques de coffres-forts dans toute la région. Le 2 décembre 1911, il commet un assassinat et la police perquisitionne le logement des gardiens dans le cimetière. La surprise est totale : les enquêteurs y découvrent un véritable arsenal caché comprenant chalumeaux, perforeuses, fausse monnaie, 25 000 francs et même un « Manuel révolutionnaire pour la préparation des bombes » ! En 1912, les époux Thollon se retrouveront sur le banc des accusés devant la Cour d’Assises du Rhône pour complicité et recel. Jules Bonnot quand à lui est tué par la police quelques mois plus tard après avoir tenté de leur échapper puis s’être barricadé dans une maison.

📍Localiser la maison du gardien sur le plan (note : il n’est pas possible de la visiter.)

🗺️ Prêt·es pour la visite ?

Ce ne sont que quelques rares histoires que nous vous racontons ici. Mais il y en a des dizaines d’autres. Pour les découvrir il vous suffit de cliquer sur les points signalés dans le plan ci-dessous. Bonne balade au cimetière de la Guillotière.

Avant la visite, on vous rappelle quelques règles élémentaires :

  • Le cimetière est avant tout un lieu d’inhumations et de recueillement. Merci de respecter les autres usagers et de ne pas gêner les convois et autres cérémonies en restant discret.
  • Il est formellement interdit de monter sur les tombes et les monuments.

Visite Cybele Cimetiere 2
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